Par Jean-Luc Segapeli
À LA GLOIRE DU SUBLIME ARCHITECTE DES MONDES
Introduction
Je vais présenter un travail sur l’emblème de la Grande Hiérophanie Mondiale (GHM).

Je vais proposer plusieurs interprétations des symboles présents dans cet emblème. J’irai du plus matériel jusqu’au Dieu suprême.
Nous verrons neuf niveaux de symbolisme.
- Nous interpréterons tout d’abord de manière très matérielle ce symbole ailé, par la notion de véhicule volant.
- Ensuite, nous décoderons ce logo pour y trouver ce qui se rapporte au Grand Œuvre alchimique.
- Puis nous chercherons les rapports de cet emblème avec le Graal et la Création de la Vie.
- Nous aborderons aussi les Voies Internes, notamment en exposant la circulation de la Kundalini.
- Puis nous traiterons de la mort, en évoquant la séparation du couple âme/esprit d’avec le corps, puis la séparation de l’âme d’avec l’esprit.
- En cherchant comment mieux communiquer avec le Divin, nous parlerons de Théurgie.
- Quant au Démiurge, nous le verrons présent par plusieurs aspects, par ses couleurs, ses attributs, ses propriétés.
- Juste avant d’aborder le Dieu suprême, nous présenterons l’Ennéade, présente de manière voilée dans le logo.
- Et enfin, nous évoquerons le Dieu suprême, apparaissant ou plutôt transparaissant derrière l’emblème de la GHM.
Nous remarquerons que chacune de ces interprétations sera une sorte de
véhicule ou de passage vers autre chose, qui sera en général de nature plus subtile que l’endroit d’où l’on vient. Cela nous rappelle la notion sanscrite de Vâhana, ou véhicule des Dieux. Ces portes ou chemins permettent de s’élever.
I Plan matériel
Tout d’abord, l’emblème de la GHM peut représenter un char volant réel. C’est un char divin ailé, un vrai véhicule volant matériel. Il rappelle les vimanas, machines volantes de l’Inde ancienne.
La boule rouge de l’emblème est protégée par les deux serpents. Ceux-ci, semblables à l’Uraeus, un mâle et une femelle, jettent leur venin s’ils sont attaqués. Ces animaux représentent des armes réelles utilisées par les Vimanas.

Tous les Dieux des Temps Anciens se déplaçaient sur des machines volantes. Ceci est documenté en Inde ancienne, en Chine, dans l’Amérique précolombienne. Dans les récits de l’Inde ancienne, les Vimanas sont présents dans le Mahâbhârata et dans le Râmâyaṇa ; dans ce dernier, Râmâ et Sita se déplacent dans le Vimana Pushpaka, tiré par un Hamsa (cygne ou oie). Le Vâhana (véhicule) de Brahmâ est aussi un Hamsa. Viṣṇu se déplace sur Garuda, engin volant ressemblant à un aigle. Les guerres des Dieux se placent très souvent dans les airs et à l’aide d’armes d’une technologie d’avant-garde.
De fortes traces de radioactivité ont été trouvées à Harappa et à Mohenjo Daro, suggérant qu’une guerre nucléaire aurait pu éteindre les civilisations de la vallée de l’Indus, dans l’Antiquité reculée.
Dans l’Inde ancienne, les Astras étaient des armes surnaturelles. Arjuna, l’un des héros du Mahâbhârata, fils d’Indra, volait sur un char donné par Agni. Brahmâ avait fabriqué pour lui l’arc Gandiva. Cette arme avait la puissance de 100 000 arcs. Indra lui donna l’Indrastra, capable de provoquer une pluie de flèches. Arjuna obtint aussi le Brahmashirsha astra, créée par Brahmâ, arme suprême dont l’utilisation était fortement déconseillée, car elle risquait de détruire l’Univers.
La dalle du roi maya Pakal, à Palenque, nous montre ce souverain manifestement aux commandes d’un engin volant. On rencontre en Mésopotamie des Dieux à corps de serpent et possédant des ailes. Plus exactement, ce sont des reptiliens, pourvus de membres et ayant une peau écailleuse. En Amérique, Quetzalcoatl et Kukulcan étaient des serpents à plumes. Quetzalcoatl est souvent assimilé à Mercure.
Notons que la déesse égyptienne Isis, sœur et compagne d’Osiris, ressemble beaucoup dans certaines de ses représentations au logo de la GHM : elle porte une coiffe avec un disque solaire rouge et deux cornes de vache rappelant les deux serpents du logo (quand elle ne porte pas le trône sur sa tête) ; de plus, elle possède deux ailes très semblables aux ailes d’Horus et à celles présentes sur l’emblème de la GHM.

Mithra, qui représentait la lumière, fut par la suite assimilé au Sol Invictus. Zervan Akarana était le père d’Ahura Mazda et d’Ahriman, dans l’ancienne Perse. Mithra et Zervan Akarana volaient dans le ciel, chacun sur un char à quatre chevaux (les 4 éléments).
Phoebus Apollon parcourait le ciel d’est en ouest dans la journée sur son char volant. On connaît aussi la légende de Phaéton qui avait emprunté le char de son père Hélios. Comme il avait embrasé le ciel et la Terre, il fut foudroyé par Zeus.
II Arcana Arcanorum : Alchimie
Une autre interprétation est que l’emblème de la GHM est une représentation du déroulement de l’Œuvre alchimique. Rappelons que les couleurs essentielles du Grand Œuvre sont dans l’ordre le Noir, le Blanc et le Rouge.
Le bleu est l’équivalent du noir, la première couleur principale de l’Œuvre. C’est le début de l’Œuvre, la nigredo, la putréfaction. Nous sommes dans le Solve. La matière a été préparée. Elle est mise dans le vaisseau et dans l’athanor. On applique le feu approprié avec le degré convenable. La matière va acquérir une couleur noire et se putréfier. On parle d’odeur de sépulcre. On dit que la chaleur associée à l’humidité produit la couleur noire.
Le tapis vert représente la végétation, couleur faisant suite au noir. En effet, la couleur verte, synonyme de vie, apparaît en fin de Solve.
Le blanc est la deuxième couleur principale de l’Œuvre. C’est le début du Coagula. On dit que la chaleur associée à la siccité produit la couleur blanche.

La boule rouge, troisième couleur principale de l’Œuvre, représente la Pierre Philosophale achevée. En effet, après le blanc, le coagula continue. La couleur jaune survient, puis l’orange. Enfin, le rouge, de plus en plus foncé, apparaît.
Mais, pour que cette Pierre soit efficace et puisse provoquer destransmutations, il faut la multiplier. Au bout de quelques multiplications, la Pierre Philosophale pure est achevée. Il est alors possible de l’utiliser pour la projeter sur des métaux imparfaits, en vue d’obtenir de l’or.
La Pierre Philosophale est formée des rayons concentrés du Soleil, enfermés dans une forme solide.
Les lisières d’or dans l’emblème de la GHM représentent l’or obtenu par transmutation, à l’aide de la Pierre Philosophale.


Fulcanelli, dans « Le Mystère des Cathédrales », faisait remarquer que l’alchimie était représentée partout dans la cathédrale Notre Dame de Paris. On voit notamment, au portail central, la déesse Cybèle, symbolisant l’alchimie. Elle porte un livre fermé, exprimant les connaissances cachées, un livre ouvert, montrant que des connaissances sont visibles en observant. Une échelle permet de relier la Terre au Ciel. D’ailleurs, la tête de la Déesse touche le Ciel, les Ondes supérieures. Dans l’emblème de la GHM, les ailes nous rappellent des échelles.
Nous pouvons voir aussi dans l’emblème les 3 principes de l’Œuvre. Les ailes symbolisent le Mercure, que l’on représente souvent ailé, en raison de sa volatilité. Le disque rouge solaire représente le Soufre, dont le nom grec Θεῖον (Théion) rappelle la Divinité. Enfin, le Sel est symbolisé par les rayons blancs de l’esprit divin.
La Pierre Philosophale obtenue permettra de créer des passages pour changer de de plan. Un parallèle peut être fait entre l’Alchimie externe, les Voies Internes et la Théurgie. Nous en parlerons plus bas, dans la partie sur la Théurgie.
III Graal et Vie Le Graal
Si l’on imagine l’emblème de la GHM en 3 dimensions, il prend la forme d’une coupe. Celle-ci est verte vers le centre. Cela nous fait penser au Graal.
Au centre, se trouve un trou, dans lequel on voit du rouge. C’est le sang qui sera contenu dans le Graal. C’est le rouge transparent de la Vie qui arrive dans notre monde. Le rouge descend dans la coupe verte du Graal. C’est le feu dans l’eau, dont on parle dans la création originelle.
De plus, les serpents captent l’énergie divine.
Pendant les couronnements royaux, on fait des passes magnétiques ; on fait passer l’énergie vitale. C’est également le cas dans les transmissions par imposition des mains.
D’après Jacques d’Arès, dans son « Encyclopédie de l’ésotérisme », volume 5, le Graal est un vase, un contenant, féminin, représentant l’amour ; son contenu, le sang, représente la connaissance. Il nous dit aussi que le Christ équivaut au Saint Graal. La coupe, le réceptacle, symboliserait la nature humaine du Christ, humanité toute entière. Le contenu serait du vin transmuté en sang, du sang mêlé à l’eau, l’un et l’autre constituant le breuvage susceptible de donner la vie éternelle de l’esprit. Dans « La symbolique du feu», Jean-Pierre Bayard écrit: «Dans la Gnose chrétienne, si la Divinité siège dans la Lumière, le Vin est la manifestation de Dieu. »
Dans le blason du Sabarthez, on voit un Graal brillant contenant des ailes. Sa devise est « Sabarthez custos summorum », c’est-à- dire « Sabarthez, gardien des sommets ». D’après Jacques d’Arès, cela signifierait que le Sabarthez serait le gardien de la Tradition.

Les ailes au-dessus du Graal peuvent aussi signifier que ce que le Graal attire et reçoit est quelque chose de spirituel.
L’Eucharistie
Notons que, dans le sacrement de l’Eucharistie, la transsubstantiation se fait dans un calice en or.
Ganymède, placé par Zeus dans le ciel dans ce qui est devenu le signe du Verseau, verse l’Ambroisie rouge dans des verres d’or. L’ambroisie, boisson d’immortalité servie pour les Dieux, est l’équivalent du Soma indien, de l’Aoma perse ou du Sa égyptien.
Les deux serpents de l’emblème de la GHM, en 3 dimensions, auraient la forme d’un verre en or.
Les 4 Eléments – Création, conservation et transformation de la Vie
Cette vie qui descend dans notre monde, une fois créée, devra être conservée, puis un jour transformée. Cela sera le rôle en Inde de la Trinité Brahma, Vishnu et Shiva, ainsi que d’autres Trinités équivalentes dans de multiples religions.
Dans les Arcana Arcanorum de Rombaut, il est dit que les 4 éléments correspondent à des couleurs :
• Terre : Noir ; • Air:Bleu;
- Feu : Rouge ;
- Eau : Vert. De plus, dans Atlantis sur « La lumière et la vie », Paul Le Cour associe les couleurs aux éléments, ainsi qu’aux membres de la Trinité.

Du point de vue des longueurs d’onde dans le spectre solaire, ces deux interprétations (Arcana et Paul Le Cour) sont cohérentes.
L’ADN
L’idée de la Vie arrivant du ciel nous fait aussi penser aux briques organiques de la Vie. On sait maintenant que les acides aminés, et même des sucres sont présents dans l’espace, ce qui appuie la théorie d’une panspermie.
L’élément principal des êtres vivants évolués de notre planère est l’ADN, qui a une forme en double-hélice, chacune en forme d’échelle, les barreaux étant les paires de bases associées.
Cela correspond aux deux serpents enroulés de l’emblème de la GHM. De plus, les bandes de couleurs alternées sur les ailes font penser à des barreaux d’échelles.
La Rosée
Le tapis vert situé sur l’emblème de la GHM semble comporter de multiples objets en forme de gouttes. Cela nous rappelle la rosée, qui tombe du Ciel sur la Terre pour la vivifier, la nuit et principalement au printemps.
Le Serpent
Le Serpent peut symboliser la Connaissance, la Gnose. D’ailleurs, nous savons que cet animal a tenté Eve, comme indiqué dans la Genèse, en lui proposant le fruit de l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal.
En outre, d’après les ARCANA de ROMBAUT, le Serpent représente la nature amphibie de l’homme : matière et esprit. L’homme est formé de matière, âme et esprit. Mais alors que la matière et l’âme proviennent du travail du Démiurge, l’esprit vient directement du Dieu suprême.
IV Arcana Arcanorum : Voies internes
La Kundalini
Sur l’emblème de la GHM, nous voyons que les deux serpents ont leurs queues enroulées, puis leur corps se redresse. C’est une référence à la verge de l’homme se mettant en érection.
Un serpent est masculin, l’autre féminin.
À la base du serpent se trouve l’énergie. Chez l’humain, l’entrée de l’énergie se situe vers le périnée. Un aspect principal des Voies internes est la circulation de la Kundalini.
De plus, la queue du serpent semble dessiner le symbole de l’infini. Le temps cyclique ∞ se transforme en temps infini (absence de temps) quand la ligne devient verticale, c’est-à-dire quand le serpent se redresse.
Nous pouvons noter que les serpents semblent couver des œufs. Cela pourrait représenter l’embryon du Corps de Gloire, qui va évoluer à mesure que l’énergie de la Kundalini augmente et se concentre, pour se former dans le corps de l’homme avant de pouvoir s’échapper par la fontanelle. Les ailes symbolisent elles aussi le Corps de Gloire.

Johann Gichtel, disciple de Jacob Boehme, dans sa « Theosophia Practica » montre une image d’un homme avec des dragons représentant le feu-serpent enroulé à la base de l’épine dorsale. Cette Energie sexuelle ou Kundalini doit nous permettre d’évoluer lorsqu’elle monte par étapes à travers les chakras. Cet auteur explique dans son livre comment passer de l’homme terrestre à l’homme régénéré.

Gichtel explique : « Il ne s’agit pas d’un feu MATERIEL, mais d’un feu spirituel, dont le CENTRE ou la racine est l’éternelle Ténèbre, d’après laquelle Dieu Se nomme un feu consumant. » « L’œil igné magique, sur la gauche, sous le cœur est, dans sa racine, le feu de la Colère divine, d’après lequel Dieu est appelé un Dieu colérique et jaloux ; et selon la Lumière, c’est le feu d’Amour divin, d’après lequel Il est appelé simplement Dieu. »
Le Caducée
Le caducée d’Hermès est lié aux Voies Internes. Il est formé d’un bâton autour duquel s’enroulent en sens inverse deux serpents, leurs têtes se faisant face en haut du bâton. En général, on trouve aussi 2 ailes en haut du bâton. Le caducée est appelé Kerux en grec. Nous voyons ces serpents et ces ailes sur l’emblème de la GHM.
Remarquons que, souvent, les totems des Indiens d’Amérique du Nord ont des ailes, dans leur partie supérieure.
Nous pouvons penser aussi au Thyrse de Bacchus, se terminant par une pomme de pin. En effet, en repliant le « tapis » vert situé sur l’emblème de la GHM, on obtient quelque chose de semblable à une pigne de pin, avec ses « écailles ».
D’après Omraam Mikhaël Aïvanhov, le caducée a un axe droit vertical, entouré par deux lignes courbes décrivant « un mouvement de spirales entrelacées » et formant cinq renflements. Cela représente l’intérieur du corps humain et sa circulation d’énergies, tels que le voient les Indiens, les Chinois ayant une théorie semblable. Le bâton central représente le canal se trouvant à l’intérieur de la moelle épinière, le long de la colonne vertébrale ; ce canal est appelé Sushumna et permettra la circulation de la Kundalini. Les deux serpents représentent Idâ et Pingalâ, les deux canaux entourant la colonne vertébrale ; toujours d’après Aïvanhov, Idâ est « polarisé négativement et lié à la Lune », tandis que Pingalâ est « polarisé positivement et lié au Soleil ». Les cinq renflements dont parle Aïvanhov seraient liés, de bas en haut, aux glandes génitales, aux reins, au foie et à la rate, aux poumons et au cerveau. Il y a un rapport avec les chakras, eux-mêmes liés aux glandes endocrines.
Le caducée est surmonté par des ailes. C’est, comme nous l’avons évoqué précédemment, l’aboutissement au Corps de Gloire, en utilisant la Kundalini ou une Voie Interne.
Sur le toit du Parc Chambrun, à Nice, copie du temple de la Sybille de Rome, se trouve un symbole, appelé « aigle » par les badauds, mais qui n’en n’a que l’apparence. Il comporte en réalité 3 « ailes », de façon à ce que l’on n’en voie que 2, d’où que l’on se place pour regarder, d’où l’apparence d’un aigle. Il surmonte un socle formé de cylindres emboîtés. Les « ailes » sont en réalité la représentation d’un flot abondant de liquide sortant de ces cylindres.


D’où que l’on se place, le temple est organisé pour que les figures en 3D se transforment en figures planes égales de chaque point de vue. Le temple cylindrique permet de voir un rectangle par une vue latérale ; de même, le toit conique permet de voir un triangle. Cet « aigle » représente en réalité la colonne vertébrale, partant du coccyx. L’énergie part du bas pour sortir en flots importants, sous forme d’ailes rappelant le Corps de Gloire.
Sur l’emblème de la GHM, on voit quelque chose d’équivalent : le rond rouge représenterait la colonne vertébrale ; les serpents seraient Idâ et Pingalâ, permettant à l’énergie de circuler; les ailes symboliseraientl’aboutissement au Corps de Gloire et à l’Eveil.
Serpents entrelacés ou à 2 têtes

On trouve d’ailleurs partout dans le monde des représentations de serpents entrelacés ou bien d’un serpent à deux têtes.
Au Yucatan, on trouve des occurrences de deux serpents entrelacés.

Jean Phaure, l’auteur du « Cycle de l’Humanité adamique », présente un anneau avec une telle représentation.

Goudéa, le souverain sumérien de Lagash, possédait un gobelet à libations, dit vase de Goudéa. Celui-ci était décoré d’un serpent à deux têtes, dont chaque moitié est enroulée en sens inverse autour d’un bâton. Ce serpent double donne naissance au Monde d’en haut et à celui d’en bas. Il est entouré par deux reptiles ailés.
En Grèce, Déméter était aussi associée à deux serpents. Et remarquons qu’Héraclès bébé a tué deux serpents dans son berceau.
Giuliano Kremmertz, dans son « Introduction à la science hermétique », dit que le Serpent, par ses spires, est lié à l’astral. Celles-ci nous font en effet penser à une onde. Il ajoute que le Serpent astral est l’Âme de la Terre. Il représente la Volonté de la Terre.

Connais-toi toi-même
Pour pouvoir évoluer, il est essentiel d’apprendre à se connaître soi-même. Socrate disait: Γνῶθι σεαυτόν (Gnôti seauton: «Connais-toi toi-même»). Il avait repris cette devise gravée sur le fronton du Temple d’Apollon à Delphes.
La couleur noire de l’emblème de la GHM pourrait représenter l’introspection ; le blanc symboliserait l’entrée de la lumière ; le rouge serait associé à la création du Corps de Gloire.
Pythagore – Vers d’Or
Pythagore, dans ses Vers d’Or, nous explique un chemin vers la libération. Le Pythagorisme conduit à une hygiène de vie, basée sur des lois morales. Les Pythagoriciens étaient strictement végétariens et avaient un respect absolu de tous les êtres vivants, animaux et plantes.
Voici la fin des Vers d’Or :
«Mais abstiens-toi des aliments dont nous avons parlé, en appliquant ton jugement
À tout ce qui peut servir à purifier et à libérer ton âme. Réfléchis sur chaque chose,
En prenant pour cocher l’excellente Intelligence d’en haut.
Et si tu parviens, après avoir abandonné ton corps, dans le libre éther,
Tu seras dieu immortel, incorruptible, et à jamais affranchi de la mort. »
Les Pythagoriciens croyaient à l’immortalité de l’âme et à sa transmigration.
Les Palais, voyage vers l’intérieur
Contrairement aux méthodes que nous venons de voir, Sri Aurobindo préconise quant à lui une technique de Voie Interne allant du haut vers le bas, ce qui semble éviter de possibles accidents.
D’autre part, Dieu étant situé à l’intérieur de nous, il est important de se diriger vers son propre intérieur, pour déchirer les voiles, afin d’atteindre la Lumière divine. Nous retrouvons ainsi la notion kabbalistique de « Palais », le noyau ou cerveau étant recouvert par un voile. Notons qu’il y a 7 chakras et 7 palais à franchir, vers l’intérieur, pour aboutir à la Lumière.
Remarquons que les deux serpents du logo de la GHM peuvent être considérés comme les deux branches d’une lyre. Apollon offrit à Orphée une lyre à sept cordes. Ce dernier en ajouta deux, en l’honneur des Muses, qui lui avaient appris à en jouer. Notons à ce sujet que Dante divise le ciel en 9 zones. La gamme de Pythagore permet de monter, grâce aux vibrations, dans les plans supérieurs.
Giuliano Kremmertz, dans son « Introduction à la science hermétique », explique : « L’esprit saint, la colombe messagère de lumière, est le rayon de ce Soleil qui brille dans votre âme qui, s’il se transforme en colombe, pourrait aller rejoindre son conjoint au-delà des limites de l’action connue. » Nous sommes une étincelle divine, et, quand nous serons arrivés à atteindre le Dieu qui sommeille en nous, nous retournerons fusionner avec le Démiurge.
V L’Âme et l’Esprit après la Mort Le trajet des âmes
Nous pouvons voir une autre interprétation de l’emblème de la GHM, en considérant le disque rouge : le rouge s’envole, c’est-à-dire que l’esprit quitte la Terre. Autrement dit, Dieu (l’Esprit) quitte le monde en 4 dimensions (longueur, largeur, hauteur et temps).
En considérant l’emblème de la GHM, nous voyons les trois couleurs noir, blanc et rouge. Le noir pourrait représenter le cône d’ombre de la Terre, le blanc la Lune et le rouge le Soleil. En effet, d’après Plutarque, après la mort, le couple âme-esprit se sépare du corps sur Terre, va dans le cône d’ombre de la Terre, puis se déplace vers la Lune. Là, une deuxième séparation, de l’âme et de l’esprit, peut se faire. Ensuite, l’esprit pourrait aller vers le Soleil.
L’Axis Mundi doit pouvoir se décliner à plusieurs échelles, notamment en tant qu’axe de l’Univers ou de la Galaxie, ou centre du cercle accompli par le Soleil lors de son grand mouvement que l’on peut mesurer grâce à la précession des équinoxes. Par rapport à la Terre, il semble que l’Axis Mundi soit l’axe de rotation de la Terre et que le Mont Meru soit situé au Pôle Nord.
On dit qu’une entrée de l’Aggartha se situe au sommet du Mont Meru.
Les âmes semblent arriver sur Terre par le Pôle Sud. Elles semblent repartir de la Terre par le Pôle Nord. Cela pourrait être lié au magnétisme de la ceinture de Van Allen.
D’après Plutarque (dans « Le visage qui apparaît dans le disque de la Lune », surnommé « De facie »), la mort entraîne la séparation du corps sur Terre d’avec l’âme et l’esprit, ces deux derniers restant solidaires. Puis le couple âme-esprit va dans le cône d’ombre de la Terre, souvent considéré comme l’Enfer, puis se déplace dans la pénombre de ce cône, souvent considérée comme le Purgatoire. Au bout d’un certain temps, l’âme et l’esprit se déplacent vers la Lune.
Là, une deuxième séparation, de l’âme et de l’esprit, peut se faire. D’après Plutarque, la Lune compose à l’aide d’un pouvoir appelé Εἰλείθυια (Eileithyia) et sépare à l’aide d’un pouvoir appelé Ἄρτεμις (Artemis). Il existe deux trous dans la Lune (représentés par Janus bifrons), l’un pour l’aller et l’autre pour le retour. Ensuite, l’esprit peut retourner vers le Soleil.
Au retour, il suivrait un chemin semblable, aidé par les trois Moires : Ἄτροπος (Atropos) donne le départ de la génération dans la région du Soleil ; Κλωθώ (Clotho) lie et mélange l’esprit et l’âme dans la région de la Lune ; Λάχεσις (Lakhésis) agit, enfin dans la région de la Terre.
Chez les Egyptiens, Hermès Psychopompe conduisait les âmes des morts. Dans la Genèse, d’après la traduction de St Yves d’Alveydre (dans la «Théogonie des Patriarches »), Woph le Planant amènerait les âmes vers le haut, tandis que Dagoth les ramènerait vers le bas.
Hermès psychopompe
Le Caducée d’Hermès comporte deux serpents enroulés (en sens contraires) sur un bâton ; leurs deux têtes se regardent.
Hermès est appelé psychopompe, car il est chargé de conduire les âmes des morts. D’après les Arcana Arcanorum de Rombaut, le caducée est lumineux dans les ténèbres (« Il attire les âmes égarées dans la nuit des tombeaux. ») et il est aimanté. C’est pourquoi les âmes ne peuvent plus s’en détacher.
« Hermès » veut dire « colonne » en égyptien. C’est l’Axis Mundi. Il est relié à la montée et à la descente des âmes. Cela nous fait aussi penser à l’échelle de Jacob, sur laquelle les anges montaient et descendaient.
Notons que le pétase d’Hermès (son casque) est aussi ailé. Il a également des sandales ailées. Nous avons mentionné d’ailleurs plus haut, dans la partie sur l’Alchimie, que le Mercure était représenté avec des ailes : le Mercure latin correspond à l’Hermès grec.
L’Immortalité de l’Âme
Michel Léger, dans les « Actes du Symposium du 30 mai 2009 du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm », dirigés par Michel Gaudart de Soulages, écrivit un article sur les Mystères antiques. Il déclara : « Or, l’âme doit finalement remonter vers son unité ; elle doit redevenir le Nous et ce qui est supérieur au Nous ; un breuvage lui donnera l’ivresse mystique, capable de lui faire quitter le corps et la matière ; des ailes recouvrées l’emporteront hors du cercle de la genèse, vers les chœurs célestes. » Cet auteur semble nous parler de l’absorption d’une substance favorisant l’immortalité : Pierre Philosophale, contenu du Graal, ou Ambroisie.
Tradition Primordiale et Immortalité de l’Âme
Toutes les civilisations et les cultes provenant directement de la Tradition Primordiale savaient que la partie spirituelle des humains, des animaux, des plantes, était immortelle. C’est pourquoi l’Inde, la Chine, le Japon, l’Egypte, nous parlent d’Immortels et de ce qui arrive aux âmes et à l’esprit après la mort. L’alchimiste chinois Go Hung, surnommé Pao P’u Tzu, a composé un livre sur l’Alchimie Interne (le «Pao P’u Tzu Neipian») et un autre sur les personnes devenues immortelles. L’immortalité dont il parle est évidemment celle de la partie spirituelle du corps et non pas celle que l’on entend couramment, l’immortalité d’individus en chair et en os.
Le Tibet et l’Egypte ont écrit des « Livres des morts » servant à préparer l’âme à ce qui se passe après la mort. Notons que les initiations servant à provoquer une deuxième naissance se passaient sous terre et étaient liées avec ce qui se passait après la mort réelle. C’est vivant que l’on devait passer de l’autre côté du fleuve, puis revenir.
Orphée, avant Pythagore, avait transmis les lois éthiques de la Tradition Primordiale, dans la lignée d’Apollon Hyperboréen. Il prônait le végétarisme. Il savait charmer les animaux avec sa lyre et était un expert en magie. Venu de Thrace, il s’était occupé de transmettre la Tradition en Grèce. Ses recommandations sur la conduite à tenir au moment de la mort ont été retrouvées sur plusieurs « tablettes orphiques », qui sont des lamelles d’or.
On peut y lire :
« À l’entrée de la demeure d’Hadès,
Tu trouveras sur la droite une source.
Près d’elle se dresse un cyprès blanc.
Cette source, ne t’en approche pas.
Plus loin, tu trouveras l’eau fraîche
Qui jaillit du lac de Mnémosyne, veillée par des gardiens.
Ils te demanderont pourquoi tu viens vers eux.
Dis-leur : je suis l’enfant de la Terre et du Ciel étoilé.
Mon vrai nom est l’Astré. La soif me consume.
Oh, laissez-moi boire à la source.
Et ils te permettront de boire à la source divine
Et désormais héros, sans fin tu régneras. »
De même, Pythagore avait transmis à toute la Grande Grèce la notion de
métempsychose (μετεμψύχωσις), c’est-à-dire la transmigration des âmes. Comme Orphée, il disait de prendre la voie de droite, symbolisée par la lettre Y (avec une grande barre à droite montrant le chemin à prendre).
VI Arcana Arcanorum : Théurgie Le Soleil rouge
Le disque au milieu de l’emblème peut représenter un Soleil rouge. Cela nous fait penser aux couleurs du Soleil à l’aube et au crépuscule. Il faut savoir que le lever et le coucher du Soleil sont les moments les plus favorables pour communiquer avec le Divin.
Serpent ailé
Remarquons que la fée Mélusine a une queue de serpent et des ailes. Elle peut se rapprocher de la Lyké grecque, qui serait la lumière de l’aube.
Trouver le Divin
Le Divin est présent à l’intérieur de nous. Le Royaume des Cieux est aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. D’ailleurs, le Christ a dit « Le Royaume des Cieux est proche » et « Le royaume de Dieu est au-dedans de vous ». Le Royaume des Cieux n’est pas matériel. Il est spirituel et fait de Justice et de Paix. Si quelqu’un arrive à s’y immerger, il ressent un immense Amour.
Le Divin est là, proche de nous, mais nous ne le voyons pas. Il faut regarder le Divin d’une certaine manière. C’est notre regard qui nous permettra de l’apercevoir. Notre vision doit devenir pure, libre de toute entrave.
La symbolique du rouge
Dans leur « Dictionnaire des symboles », Jean Chevalier et Alain Gheerbrant disent que le rouge est « le symbole fondamental du principe de vie ». Il a d’ailleurs la couleur du feu et du sang, ce dernier contenant la vie et véhiculant l’âme. Ils précisent que le rouge sombre est « la couleur du feu central de l’homme et de la terre ». Il est aussi associé à la mort. Le rouge est la couleur de l’âme, de la libido, du cœur.
Ces auteurs ajoutent que, « par l’œuvre au rouge, s’opèrent la digestion, le mûrissement, la génération ou régénération de l’homme ou de l’œuvre » et que « la rubedo équivaut à l’accession aux Grands Mystères, à la sortie de la condition individuelle. » Faisant un parallèle avec les couleurs, ils notent : « Sous-jacent à la verdeur de la terre, à la noirceur du Vase, ce rouge éminemment sacré et secret est le mystère vital caché au fond des ténèbres et des océans primordiaux. »
Dans la Rome antique, la pourpre était la couleur de la toge des nobles et des empereurs.
Mais c’est aussi la couleur de la Science et de la Connaissance ésotérique cachée, comme c’est le cas dans le Tarot, pour l’Hermite, la Papesse et l’Impératrice, qui ont une robe rouge, sous un habit bleu.
Le Cercle rouge
Le symbole central de l’emblème de la GHM est un disque rouge. En symbolisme, le cercle rouge représente une porte vers autre chose. Le passage à travers le cercle rouge permet d’arriver à quelque chose de plus élevé.
Dans « La symbolique du feu », Jean-Pierre Bayard explique : « Dans les œuvres plastiques, les portes et les fenêtres ouvertes se figurent en carmin, puisque ces accès permettent d’aller vers des lieux meilleurs. »
Dans le Nouveau Testament, Jésus précise bien qu’il faudra passer par lui pour entrer dans le Royaume de Dieu. Pour pouvoir voir Dieu et entrer au Paradis, qui est à l’intérieur de nous, nous devons devenir purs. Jésus affirme (Evangile de Jean, 10, traduction Louis Segond) : « Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. »
Pour changer d’état vibratoire, il est possible de passer par la Pierre Philosophale, qui est très rouge. Nous devons noter qu’il y a des parallèles fréquents entre Alchimie externe, Voies Internes et Théurgie. C’est pourquoi la Pierre Philosophale, créée par l’Alchimie en épurant la Matière, trouve un pendant dans les Voies Internes, l’humain (formé de corps, âme et esprit) étant purifié, pour aboutir au Corps de Gloire, et a des applications en Théurgie. On peut traverser la Pierre Philosophale (qui équivaut, rappelons-le, au Christ, au Démiurge), ce qui va permettre d’être transporté dans une autre dimension.
Il est important de comprendre que la Pierre Philosophale est une entité par elle- même. Elle devient esprit ; elle devient vivante. C’est un objet magique. Elle devient une partie du Démiurge. Quand nous passons par cette Pierre, nous sommes alors dans le Démiurge.
La Vérité et la Connaissance
D’après Giuliano Kremmertz, dans son « Introduction à la science hermétique », les Dragons sont les Gardiens de la Vérité Vraie. Il est certain que les Dragons sont souvent cités dans la mythologie comme gardiens de trésors. Cet auteur ajoute : « Le Vrai a pour auteur la Sagesse absolue, c’est-à-dire la Vérité Eternelle, dont le nom profane, individuel, est Dieu. » La Vérité est la Connaissance.
Il commente en outre l’accession au Dieu qui est en nous : « On commence à voir des lueurs de la lumière divine, non parce que les anges descendent du ciel pour nous emporter hors du courant de la Terre, mais parce que l’esprit de Dieu qui est en nous se dépouille petit à petit de toutes les enveloppes terrestres, jusqu’à ce qu’il devienne visible. » Il parle à ce sujet d’une « barrière du Dragon ».
Rappelons-nous d’ailleurs qu’Apollon a dû tuer le serpent Python, pour pouvoir prendre possession du sanctuaire de Delphes.
Nous savons que, d’après la « théorie » des Palais, sept voiles empêchent de voir la Vérité. Le Dragon est le gardien de ces voiles. Le premier Dragon que nous devons affronter semble appartenir au courant astral. D’après Kremmertz, le serpent astral est terrestre. Nous pouvons d’ailleurs nous souvenir du fait que, en Egypte, des sphinx gardent les entrées des temples ; de plus, chez les Grecs, Cerbère est le gardien des Enfers ; enfin, le Paradis terrestre est gardé par des Chérubins.
Quand on arrive à déchirer les Voiles, on entre alors dans le Monde Divin. C’est une sphère de rang supérieur, un plan d’une vibration plus élevée. C’est la Matrice. La Matrice est une émanation du Démiurge ; elle est consubstantielle au Démiurge.
Quand on arrive à faire partie de la Matrice, en traversant le fleuve, on a réponse à tout. Plus rien ne nous est inconnu ni étranger. Si nous revenons dans notre monde à quatre dimensions, nous oublions tout.
VII Le Démiurge
Les couleurs du Démiurge et du Dieu suprême
Dans l’emblème de la GHM, nous pouvons remarquer un symbolisme associé au Démiurge. Nous pouvons notamment observer des couleurs.
Le Démiurge est I.O.A., correspondant aux couleurs rouge, jaune, bleu.
Par contre, deux couleurs se rapportent au Dieu suprême. Le fond noir est une caractéristique de El-Elyon (le Dieu suprême et inconnu) : la Ténèbre. D’autre part, les rayons blancs de la Lumière primordiale de El-Elyon sont véhiculés par ceux du Démiurge.
AOR – AGNI
Les deux serpents de l’emblème de la GHM sont symétriques (en miroir). D’ailleurs, l’emblème a un axe de symétrie vertical.
Le serpent gauche a la forme de la moitié d’une Sauvastika (ou Swastika lévogyre). Le serpent droit a la forme de la moitié d’une Swastika.
Ils font penser aussi à des éclairs, la foudre étant une énergie double (Aor et Agni).

Le serpent gauche représente AOR (la lumière), la spiritualisation. Le serpent droit représente AGNI (le feu, la chaleur), la concentration.


La hache Bipenne Paul Le Cour, dans Atlantis, n°129, « Petits mystères », déclare que « Le Dieu solaire fut représenté par un disque d’or, lequel était parfois muni de deux ailes, figurées aussi par la double hache, symbolisant précisément ce dualisme.» Cela ressemble fort à l’emblème de la GHM.
Dans le même article, il ajoute : « Le mot Pélasge me paraît dérivé du grec Πέλεκυς (Pélékus), désignant la double hache à travers la forme intermédiaire Πέλασκ (Pélask), et il se trouve que le caractère symbolique de la double hache, surnommée la bipenne (les deux ailes pour s’élever vers Dieu), s’associe au dualisme des mystères cabiriques et éleusiens. » Ces ailes permettant de s’élever vers Dieu sont présentes dans l’emblème de la GHM. Notons que Pélékus, la Double-Hache, Bipenne, est associée à Aor-Agni et au Démiurge.
La Fama Fraternitatis
La Fama Fraternitatis des Rose-Croix se termine par : « Sub umbra alarum tuarum Iehova. » « À l’ombre de tes ailes, Jehovah. » Cela pourrait signifier que le Démiurge transmet de la lumière, mais qui est de la lumière provenant du Dieu suprême, voilée. Le Démiurge est en effet placé entre nous et Dieu. Dieu est caché derrière le Démiurge. Mais le Démiurge peut servir d’intermédiaire entre nous et le Dieu suprême.
Noun – Ptah – Ur
D’après Jacques d’Arès, « Encyclopédie de l’ésotérisme », volume 2, le Démiurge, Ptah, préexistait dans le Dieu primitif (le Noun). Il déclare : « Ur (Our) est la première force qui intervient dans la création de Ptah » (il doit vouloir dire « dans la création faite par Ptah »).
« Ur est la première hypostase de Ptah. » Elle va créer par deux facultés :
- Le cœur (Horus), siège de l’intelligence ;
- La langue (Thot), organe du commandement, le Verbe. Nous pouvons rapprocher Ur de Aor. Sur l’emblème de la GHM, nous voyons le cœur représenté par le soleil rouge et la langue représentée par les serpents. D’après les Arcana Arcanorum de Rombaut, le Serpent est le Verbe solaire, c’est- à-dire encore le Démiurge. Descente des rayons Un hymne du Ṛgveda, cité par Sri Aurobindo, dans « La Vie divine », décrit la descente des rayons envoyés par Varuna. « Dans le ciel, arbre majestueux sans racines ici-bas, règne Varouna, fort et pur, trésor élevé de rayons lumineux. Ces rayons descendent ; mais leurs racines sont en haut. […] C’est lui, c’est le royal Varouna qui prépara au soleil cette large voie où il poursuit sa carrière. » (Ṛgveda, Section première, Lecture deuxième, Hymne 5) Varuna est lié à Aor-Agni, d’après les consonnes qu’il contient. Rappelons qu’à l’époque pré-védique, Varuna semblait être le Dieu suprême, régissant l’ordre cosmique et régnant sur les autres Dieux. On peut rapprocher Varuna de l’Ouranos grec.
Dieux grecs et Démiurge
Paul Le Cour, dans Atlantis n°149, « De Poséidon à Ioannès », lie certains Dieux grecs au Démiurge et donc au Christ. Pour lui, Apollon hyperboréen est une préfiguration du Christ. Il ajoute que Poséidon est un précurseur de St Jean. En outre, il assimile Hermès au Démiurge. Enfin, il affirme que le Christ est la Pierre Philosophale.
La forme des serpents
Les formes des 2 serpents de l’emblème de la GHM rappellent les bras et mains des égyptiens sur les bas-reliefs et fresques. Elles rappellent aussi des mouvements de bras des danseuses indiennes.


Les formes des 2 serpents autour du soleil rouge rappellent aussi la coiffe et les cornes d’Hathor. Isis est souvent représentée avec la même coiffe. Hathor serait la parèdre d’Horus, surnommée « Œil de Râ », et notamment considérée comme la Déesse de l’Amour et de la Maternité. Cette coiffe est constituée
d’un disque solaire avec des
cornes de vache en forme de
lyre.


C’est aussi un symbole représentant à la fois le Soleil (par le disque rouge) et la Lune (par la forme en croissant des cornes).
Horus et Thoth peuvent aussi être représentés avec un disque rouge solaire sur la tête.

Ces serpents ressemblent aussi à des bras. Dans les représentations de l’époque d’Akhénaton, des mains sont présentes au bout des rayons du Soleil Aton.
VIII L’Ennéade
Nous allons maintenant parler de l’Ennéade, liée aux manifestations du Démiurge, à travers laquelle transparaît le Dieu suprême.
La roue à 8 rayons
Sur l’emblème de la GHM, les ailes font penser à des échelles, notamment grâce à leurs rayons qui ressemblent à des barreaux. On pense à l’échelle de Jacob, qui relie l’homme à Dieu. Sur cette échelle, des anges montaient et descendaient.
Sur chaque aile, il y a 8 rayons, donc cette échelle a 8 barreaux. Si l’on replie l’échelle sur elle-même, on obtient un cercle à 8 rayons et un centre.
Remarquons que des rouelles, dont beaucoup à 8 rayons, étaient utilisées dans le monde celte.

La roue à 8 rayons représente l’Ennéade, composée d’un centre (le Démiurge) et de 8 rayons (8 forces crées par ce dernier). Il semble d’ailleurs que ce centre soit une force elle-même, sa Volonté.
On trouve l’Ennéade en Egypte, notamment à Héliopolis : Atoum-Râ (le Démiurge, le Soleil), Tefnout (l’Eau / la Chaleur), Shou (l’Air), Geb (la Terre), Nout (le Ciel), Osiris, Isis, Seth et Nephthys (les 4 enfants de Geb et Nout).
L’Egide
L’Egide, attribut d’Athéna est un plastron, ou un bouclier, sur laquelle est la tête de Méduse. Remarquons que Méduse était l’une des trois Gorgones, nom dans lequel on trouve les consonnes de Aor-Agni.

Les cheveux de Méduse avaient été transformés par Athéna en serpents. Cette chevelure aurait été composée de huit serpents. Cela nous fait penser au poulpe. Celui- ci, avec ses 8 tentacules, est un symbole du Christ.
Les ailes, les serpents et le symbole de l’Ennéade, que l’on trouve sur l’emblème de la GHM, nous font penser à Athéna, car la chouette, le serpent et le Gorgonéion font partie des symboles de cette déesse. Celle-ci est aussi la déesse de la sagesse, de l’intelligence et de l’effort héroïque.
Le 9 et le Théta
Dans Atlantis, n° 149, « De Poséidon à Ioannès », article « La Preuve par 9 », Paul Le Cour déclare : « Déjà, en grec, qui est la véritable langue des mystères, le mot Ἐννέα (Ennea, 9) s’identifie à Ἐν (En, 1), parce que c’est le 1 qui devient 9. » « Atoum, le dieu solaire, fait 9 parties de son cœur, c’est-à-dire qu’il se manifeste aux hommes de 9 manières différentes. »
Il précise que le Thêta grec majuscule Θ, qui est un cercle ayant en son centre un point (donc le symbole du Soleil), a la valeur 9 dans l’alphabet grec. En réalité, nous voyons encore plus que cela, puisque le Théta majuscule Θ est formé d’un cercle ayant en son centre le H de Hélios. En effet, les Grecs utilisaient leurs lettres pour la numérotation, et l’on peut remarquer qu’ils utilisaient le Digamma pour le 6, avant qu’il disparaisse de l’alphabet. Donc, le Thêta, actuellement à la 8ème place dans l’alphabet, était à la 9ème place. Rappelons-nous qu’il est dit que c’est Pythagore qui avait composé la majeure partie de l’alphabet grec.

Paul Le Cour fait remarquer que Thêta est la première lettre de Θεός (Théos, Dieu). C’est aussi celle de Θειός Théios (le Soufre), ou encore de Thélème. Θέλημα (« Thélêma »), désigne la Volonté divine ; c’est, comme nous le voyons dans le tableau des 9 manifestations du Démiurge exposé ci-dessous, la première et la plus spirituelle de ces manifestations. Volonté, Commandement et Verbe sont des qualités importantes et liées du Démiurge.
Paul Le Cour conclut : « Nous avons donc une preuve de l’action du Démiurge dans le monde, et cette preuve, c’est la preuve par 9. »
Les neuf manifestations du Démiurge
Dans « Dieu et les Dieux », cet auteur nous détaille sous forme d’un tableau les 9 manifestations du Démiurge.

Diverses représentations de l’Ennéade
À la Basilique de Fourvière (Lyon), une sculpture représente une poule protégeant de ses ailes ses 8 poussins. C’est encore une référence à l’Ennéade.
En outre, la fontaine du Temple de Delphes est appelée Ennéa-Krounos (aux 9 conduits).
Le Kneph

De nombreuses cosmogonies associent la Vie à la création d’un œuf cosmique, comme l’œuf orphique ou l’HyranyaGharba (« embryon d’or ») védique.
En Egypte, le Kneph est un œuf ailé. Ce sont les ailes qui ont donné naissance à l’œuf. Les ailes rappellent les jambes d’Isis parturiente, comme dans la troisième lame majeure du Tarot de Marseille, l’Impératrice. L’œuf né d’Isis serait alors Horus, ce qui correspond bien à notre emblème.
Le Kneph représente le Démiurge. À Hermopolis, il est associé à l’Ogdoade, et donc aussi à l’Ennéade. Dans cette cosmogonie, l’œuf engendre le Soleil, ou Thoth, qui crée le Monde. Puis viennent les 8 Dieux de l’Ogdoade, qui sont tous reptiliens.
Les Trigrammes de Fo-Hi
Fo-Hi était un initiateur, envoyé par le Centre d’initiation de la Tradition Primordiale, missionné pour civiliser de nouveau la Chine. Il a notamment transmis aux Chinois la médecine traditionnelle, la musique, les caractères d’écriture et le Yi Jing. On lui doit aussi les Trigrammes de Fo-Hi. Cette figure représente entre autres l’Ennéade.
Nous avons fait un essai de placement des couleurs par rapport à ces 8 trigrammes. Le blanc serait au sud, le noir au nord et le rouge à l’ouest (le coucher), couleurs correspondant aux positions du Soleil, dont Fulcanelli nous parle en rapport avec les portes des Cathédrales. Ensuite, les autres couleurs pourraient être placées par complémentarité. Notamment, le vert correspondrait à l’est (le lever).

IX Le Dieu Suprême Les contraires
Alors que le Démiurge est une composition de complémentaires, le Dieu suprême est une association de contraires. Dans Atlantis n°147, « Deus absconditus », Paul Le Cour explique : « Dieu est à la fois Essence et Substance, Esprit et Matière. » « Dieu a produit la substance-principe que l’on a appelée matière, mais qui est de la lumière obscure, l’éther aux propriétés si contradictoires que la science en arrive à nier son existence. » Le Dieu suprême produit aussi la Lumière Primordiale blanche.
Le Dieu suprême est à la fois attraction et répulsion.
Le Dieu suprême est aussi une Triunité, formée donc de 3 termes, 3 principes : Esprit, Force et Matière.
Le Dieu suprême transparaît dans l’emblème de la GHM.
La Matière : c’est le noir qui est dans le fond du logo.
L’Esprit: ce sont les rayons blancs, qui passent par le Démiurge (qui sont
véhiculés par le Démiurge), de l’Esprit à la Matière. Ils sont continus, alors que les rayons rouges et bleus sont interrompus.
La Force : elle est visible par tous les mouvements que l’on voit sur l’emblème.
- Les rayons.
- Les mouvements des ailes.
- Les serpents : d’abord en spirale, ils se redressent.
- Le Soleil. Il est soumis à une rotation : on ne la voit pas. Mais elle est implicite si l’on considère le cercle à 8 rayons.

Le Noir et le Blanc
Dans l’emblème de la GHM, le noir, dans le fond, est la matière plastique, fluidique (Mariah, le chaos, la Ténèbre), dans laquelle on est, qui compose l’univers.
Toujours dans l’emblème, les rayons blancs du Dieu suprême parviennent jusqu’à cette matière et jusqu’à nous à travers le Démiurge. Cette Lumière Primordiale informe la matière.
Autres caractéristiques du Dieu Suprême
Le Serpent représente l’éternité du Dieu suprême.
ON représenterait le Dieu suprême, de même que EN en Grèce ou Anou à Sumer.
D’après Jacques d’Arès, « Encyclopédie de l’ésotérisme », volume2, à Héliopolis, « Le Dieu représenté symboliquement par le soleil ne s’appelle plus Osiris, mais ON. Rien que ce nom prouve qu’il s’agit de l’unité, l’équivalent du dieu N des Grecs. »
Râ est le Dieu solaire. Le matin, il est le faucon, Horus de l’horizon. Ce dernier porte un Disque solaire et le serpent Uraeus.
De même que dans l’Amérique précolombienne, le serpent ailé nous montre le caractère duel de cette divinité. Dans l’emblème de la GHM, nous pouvons ainsi voir le dualisme issu de l’unité.
La nuit, ON devient Atoum, Matière universelle, Matière noire.
D’après St Yves d’Alveydre (dans « L’Archéomètre »), la lettre N en Vattan (langage adamique) représente le Soleil,

tandis que la lettre M en Vattan représente Marie. Il précise : « Na signifie le Soleil, le Maître, le Seigneur indice de la Proto-Synthèse. » Le M est prononcé dans le Aum.

St Yves d’Alveydre précise que l’ancienne lettre « Royale I ou Y, point de départ et de retour sur le Cercle de l’infini », a été supplantée par l’M dans l’école Védo-brahmanique. Ce décalage de l’alphabet a rendu très difficile le décodage d’anciens textes de la Tradition primordiale. En sanscrit, toujours d’après St Yves, « Ma » signifie « Le Temps, la Mesure, la Mer, la Lumière réfléchie, la Réflexion, la Mort, l’Eau ». Au contraire, « Na » représente la Lumière directe du Soleil. D’après St Yves, la transformation de l’alphabet a occasionné la prépondérance du lunaire sur le solaire.
Le Scarabée Khépri représente le Soleil avant son lever. C’est la première lumière de l’aube, symbole de résurrection. Jacques d’Arès nous dit (à propos de Khopri) : « C’est la définition même de la vie, la vie manifestée par le Verbe divin, manifestée par la deuxième personne de la triade, à partir du Fiat Lux ; c’est la force vitale qui évolue en permanence tout en existant. » Khépri crée la vie, la forme, dans la matière, grâce à la lumière.
Quand la 1ère lumière atteint la matière noire, elle l’informe et crée la Vie. Ensuite, la lumière maintient la forme et la Vie. C’est pour cela que la lumière de l’aube a des propriétés particulières. Celle du crépuscule est semblable. On voit la lumière décomposée comme un arc-en-ciel, si l’on regarde avec attention, à l’aube et au crépuscule, notamment la lumière verte à l’aube. D’ailleurs, le scarabée est noir avec des reflets verts.
Le Soleil Noir, d’après Schwaller de Lubicz, est situé au 2ème foyer de l’écliptique. En automne, le matin, le Soleil apparaît ainsi avant le Soleil Noir. Au printemps, c’est le contraire. Au solstice d’été (en réalité, le 3 juillet, à l’aphélie), le Soleil Noir est placé devant le Soleil. Au solstice d’hiver (en réalité, le 3 janvier, à la périhélie), c’est le contraire.
La communication du matin et du soir avec la Divinité est
peut-être aussi favorisée par le Soleil Noir. Ce symbole était présent
sur le sol de l’Obergruppenführersaal du château de Wewelsburg.

L’Etoile d’Ishtar
L’Etoile d’Ishtar, étoile sumérienne, est formée de deux sortes de rayons de lumière : 4 rectilignes et 4 ondulatoires. Jacques d’Arès, dans « l’Encyclopédie de l’ésotérisme », volume 1, dit qu’elle représente le Dieu suprême.


À l’église paroissiale de Sjonhem, en Suède, on trouve une grosse pierre à runes, sur laquelle on observe des serpents entrelacés et une « croix » nous rappelant l’Etoile d’Ishtar.
Yin Yang
Le Yin et le Yang sont aussi une représentation du Dieu suprême.
Le noir et le blanc sont contraires, mâle et femelle, et agissent de
conserve, générant un mouvement de rotation harmonieux. Ils sont situés au centre. Les Monades possèdent un tel centre.

Conclusion
Dans l’emblème de la GHM, nous voyons le Dieu suprême transparaître à travers le Démiurge et les visions plus matérielles. Le voile doit se déchirer pour que nous puissions rejoindre Dieu.
Que l’on pratique l’Alchimie ou que l’on suive une Voie Interne, que l’on pratique une voie de développement personnel ou que l’on soit à la recherche de l’Immortalité, que l’on soit à la recherche de la Connaissance ou pratiquant une voie de Foi et d’Amour, le logo de la Grande Hiérophanie Mondiale représente un signe de ralliement pour tous ceux qui désirent trouver un chemin vers le Démiurge.
