Sujet déjà évoqué dans mon livre « Pour la rose rouge et la croix d’Or » aux éditions du Mercure Dauphinois, dans les chapitres « Et in Arcadia Ego » et « Du 17 au 72 », le Prieuré De Sion, n’ayant rien à voir avec les protocoles des « Sages de Sion » a été impacté par toutes les thèses complotistes en vogue.
Si « l’état profond » n’est pas facile à investiguer, ce n’est pas le cas des deux branches actuelles du Prieuré de Sion ; j’évite les faux ordres stupides inventés par quelques opportunistes miséreux que les sous-cultivés, fort nombreux en cette époque, prennent pour des Prieurés de Sion.
En effet, les deux structures qui constituent le Prieuré de Sion, se composant de la branche du loup (Lupus) et de la branche de l’ours (Ursus), ne recrutaient que dans les 33ème de la Franc Maçonnerie régulière ou loges associées, comme la loge P2 par exemple, avec tuilage au 32ème avant admission, où chez les sénateurs en Amérique avec des droits d’entrée fort élevés (5000 euros environ) et des cotisations annuelles supérieures à celles des loges maçonniques, ne peuvent concerner sociologiquement que la moyenne et grande bourgeoisie et quelques rescapés de la noblesse concernée, comme le démontrent certaines réceptions annuelles à Chartres ou à Roselyn.
Cette structure connue comme Chevalier de l’Orme dans les pays anglo-saxons faisait des liaisons avec d’autres ordres, certains très puissants, cas des Chevaliers de Colomb, inféodés au Vatican, très connus pour leur influence et structure financière et d’autres ordres qui ne sauraient apparaître : rescapés de la Sainte Vehme, etc.
Dans « les secrets perdus des Francs-Maçons », John J. Robinson démontre l’influence première des rescapés de l’Ordre du Temple en déroute en Ecosse et en Angleterre, travail trop méconnu par les Frères qui cherchent parfois des preuves historiques. Mais, le Prieuré de Sion ne saurait être seulement que la continuation d’une branche du Temple : la scission de l’Orme. D’autre part, on ne peut le dissocier de ce que Simone de Beauvoir appelle le « Clan Mérovingien ». Les Reges Criniti, rois chevelus, preuve obligatoire d’appartenance à la souche aristocratique qui s’est poursuivie même jusqu’à nos jours.
On pourrait disserter longuement sur les pratiques et symboles liés à cette race.
Le tombeau de Childéric Ier contenait de nombreuses abeilles, une tête de taureau avec svastika sur le front, une plaque d’argent, un pommeau d’épée orné d’une woëvre, une boule de cristal. Précisons que le roi mérovingien n’est pas fait roi, il l’est, d’où l’extrême difficulté tardive pour les écarter du trône au profit de l’usurpateur Hugues Capet.
Je passerai sur l’action de Grimoald, qui fit tondre le fils de Dagobert et le fit passer pour mort… Puis l’épisode de son retour et de son établissement à Stenay, règne éphémère car il est assassiné sur ordre de Pépin de Herstal.
La puissance du sang mérovingien étant cruciale, Pépin épousa Bertrade, une Mérovingienne… Puis, tout au long de l’histoire, on verra cette tentative d’être lié aux familles mérovingiennes jusqu’à Napoléon 1er, qui épousa Joséphine de Beauharnais et rétablira les abeilles.
Je laisserai une bonne partie de l’histoire de France pour arriver à la fronde, où il s’agissait, à travers les Guises, princes de Lorraine, de rétablir l’aristocratie première, qui, de toute manière, ne reconnaissait pas la légitimité de Louis XIV, dont le naissance tardive était mystérieuse et constituait une escroquerie dynastique.
Louis XIV l’emporta et finit le travail d’occultation en mettant le surintendant Fouquet au secret, la compagnie du Saint Sacrement ayant bien essayé de l’aider en vain.
Le Prieuré de Sion, bien entendu, se dit l’héritier du Saint Sacrement, duquel était membre St Vincent de Paul l’alchimiste, qui a raconté une histoire rocambolesque pour expliquer ses deux ans de disparition, ce qui lui permit de se livrer à des expériences d’alchimie devant Alexandre de Médicis, élu pape sous le nom de Léon XI. Un cénacle invisible et fraternel dirigeait cette compagnie aussi appelée la Cabale des dévots, qui créera bien des ennuis à Molière à cause de sa pièce « Tartuffe » (penser à Der Teufel, le diable).
Bien entendu, la royauté première n’en resta pas là et se manifesta encore sous le signe d’un spectre, qui apparut à deux personnes décédées ensuite mystérieusement et enfin au maréchal ferrant, François Michel, qui, lui, parvint à parler à Louis XIV.
Je rapporte les paroles du Duc de Duras : « Si cet homme n’est pas fou, alors votre majesté n’est pas noble. » Ainsi le roi dormant continua son œuvre jusqu’à la décapitation de Louis XVI.
La lignée mérovingienne se rattachait aux Pélasges, hommes primordiaux descendants de la race des cyclopes. Bien entendu, d’autres races tombées du ciel existent dans d’autres civilisations. Gérard de Nerval écrivait en 1841 dans une lettre à Auguste Cavé : « les Mérovingiens sont des Indous, des Persans et des Troyens, filiation qui doit évidemment s’entendre symboliquement du transfert de certaines influences spirituelles… »
Je ne développerai pas les mystères de Stenay, dont chacun connaît les armoiries.
Ainsi les Prieurés de Sion successeurs de ce courant qui a serpenté jusqu’à nous, perpétua la mémoire de cette lignée et sans doute aussi de certaines pratiques des Ecoles des Mystères.
Le courant de Marie Madeleine n’était que la continuation de l’ancienne tradition égyptienne opposée à la tradition séthienne des trois Monothéismes (voir à ce sujet le livre « Isis contre Moise » de Jean Paul de Lagrave).
Diodore de Sicile (premier siècle avant JC.) confirme que les temples d’Egypte ont vu défiler de nombreuses personnalités d’autres pays, dont Homère, Pythagore, Thalés de Milet, etc. Hérodote affirme et précise que les Grecs ont également repris la doctrine de la réincarnation aux Égyptiens, car il apprit des prêtres que « lorsque l’âme a parcouru tous les animaux de la terre, de la mer et des airs, elle entre enfin dans un corps humain. Ce cycle s’accomplit en 3000 ans environ. »
La pratique de base des Ecoles des Mystères est connue. Je cite de Lagrave dans ses explications du mythe d’Isis et d’Osiris : « Plutarque invite à jouir du présent pour s’unir avec intelligence au mouvement des choses. Il ne faut ni trop se soucier du lendemain, ni trop regretter ce qu’hier nous donna, mais plutôt accepter au gré des heures avec bonheur et joie, ce que nous envoie la Providence qui gouverne le monde… Cette intelligence, étant suprêmement bonne, ne peut que nous conduire au bien… quelles que soient les vicissitudes auxquelles nous soumet l’éternel écoulement des êtres et des choses. », enseignement proche du Dzogchen, considéré comme le diamant à l’intérieur du diamant. Pratique très difficile, mais verticale, par rapport à ceux qui veulent maintenir la conscience dans les voie horizontales, un matérialisme spirituel éloigné de l’Esprit qui meut le monde.
Bien entendu Moïse, pourtant prêtre d’Héliopolis selon Manéthon, choisit le chemin inverse avec ses conséquences hérétiques ; à l’instar du Pharaon Akhenaton, il réussit à se faire reconnaître chef des travailleurs mécontents et chef des étrangers sémites qui n’avaient pu s’intégrer et qui furent chassés d’Egypte consécutivement.
Outre le fait de ne pas adorer les Dieux, il leur demanda de ne s’abstenir d’aucun des animaux que l’Egypte considérait comme sacrés, de les immoler tous, de les consommer.
Selon Francis A. Yates, Giordano Bruno soutint que la religion magique du cosmos, celle des Egyptiens, fut non seulement la plus ancienne, mais la seule vraie religion obscurcie et corrompue tant par le Judaïsme que par le Christianisme. Giordano Bruno fut brûlé en 1600.
On retrouve cette vision de l’éternel présent dans d’autres traditions, ce qui différencie le monde de la fides, de celui de la Gnosce, qui voit que la manifestation, œuvre de Dieu, est la clé, si on la perçoit comme un miracle. Nous sommes loin des monothéismes, sauf dans leurs dimensions intérieures parfois opposées à la dimension exotérique.
On ne saurait parler des Prieurés de Sion sans citer les familles qui l’ont représenté, Plantard, St Clair, de la Cherisey et des débats fréquents depuis de très nombreuses années avec un spécialiste actuel, Gino Sandri, et d’autres membres du courant parallèle d’origine Anglo-Saxonne, dont un Prieur du Temple, Michel Picandet a su valoriser les F.A.R+C dans une des chambres de l’Ormus.
Comme tous les ordres sérieux qui ne sauraient apparaître sur internet, source de démocratisation, de points de vue farfelus et de débats périphériques agités par le pathos moderne, les prieurés et les ordres associés sont restés fermés, même lorsqu’ils avaient des effectifs nombreux.
Le courant isiaque, partant du noir, matière dense primordiale, avec ses évolutions vertes et rouges, témoigne de cette transformation progressive de la matière noire (Isis) vers la conscience, car le verbe (Os) allant (Ir) vers (Is) (Osiris), créa Horus, la lumière.
Dans un document ancien du Prieuré, on lit : « l’Arche fut l’origine de la fondation du Prieuré de Sion et représente de nos jours son sommet, sa composition est de treize membres, les Rose + Croix qui se réunissent dans le temple rond du Roc Noir, qui fut jadis un temple de Mithra. » Dans un autre document : « Notre trésor, celui du Prieuré de Sion, est le secret du Roc Noir, vénéré depuis la plus haute antiquité par ceux qui croyaient en son pouvoir. ». Les Rose + Croix, Ros Crux (Frères de la Rosée cuite), ont existé bien avant les manifestes publics parisiens. En 1574 le conte Falkenstein, évêque de Trêves, fit publier : « Compendium Totius Philosophae Alchemiae Fraternitatis Roseae Crucis. ». Robert Denyau, curé de Gisors, indique que la Rose + Croix fut fondée par son aïeul Jean de Gisors en 1188, lequel adopta le monogramme ORMUS. Une légende rapporte que ORMUS était un sage égyptien de Memphis converti par Saint Marc. Ainsi ce courant est lié au moins symboliquement aux Mérovingiens, aux Templiers et aux Rose + Croix.
La Rose + Croix, avec ses deux classes au départ, qui a réellement existé en tant que structure, a eu ses morts, comme d’ailleurs le Prieuré de Sion, cas de l’abbé Gelis et de Georges Monti.
Les véritables initiés restent dans la Gnose (connaissance) et l’éveil dans l’instant.
Le mental sait produire « ad libitum » dans ce « rêve au milieu d’un songe » qu’est la manifestation.
JPGdCB.
* Voir le livre de Daniel Caro dénommé, « Ce fut Roger » aux éditions « les Dents d’Hermès ». Les F.A.R+C, réorganisation de Roger Caro, étaient en fait la continuation d’un cercle interne à l’Ordre de Malte, qui n’avait presque plus de membres et qui ne pouvait apparaître es-qualité.
